[Ip-health] Tribune de Geneve: La police débarque à l'OMP I pour démasquer un corbeau

Thiru Balasubramaniam thiru@keionline.org
Tue May 27 10:05:03 2008


> La police débarque à l'OMPI pour démasquer un corbeau
> | 00h10 Des policiers ont été autorisésà pénétrer dans les bu=
reaux
> de l'agence onusienne pour effectuer des tests ADN. L'enquête
> cherche à identifier l'auteur de lettres anonymes qui visaient le
> successeur de l'actuel directeur, M. Idris. Sans doute en raison de
> l'importance de ses missions, l'OMPI reste en proieà de violentes
> luttes intestines.
>
>
>
> ALAIN JOURDAN | 27 Mai 2008 | 00h10
>
> Lundi matin, 9 h 30. Très discrètement, des policiers se présentent
> à l'entrée du siège de l'Organisation mondiale de la propriété
> intellectuelle (OMPI), chemin desColombettes, à deux pas duPalais
> des Nations. Un garde les attend. Ils n'ont pas vraiment le look
> fonctionnaires internationaux. Fait exceptionnel, ils sont autorisés
> à pénétrer dans une enceinte onusienne pour y effectuer des
> prélèvements de salive sur des cadres de l'OMPI en vue d'une analyse
> ADN. Objectif: identifier le corbeau qui a sévià l'automne dernier
> parmi les employés de l'organisation.
>
> Trois lettres anonymes
> A la demande du procureur Daniel Zappelli, la Suisse a prononcé, le
> 13 mai, la levée de l'immunité diplomatique d'une dizaine de
> personnes. Une procédure qui fait suite à une plainte pénale
> déposée, le 12 octobre 2007, par l'Australien Francis Gurry avant
> qu'il ne soit désigné pour succéder au très controversé Kamil I=
dris,
> directeur de l'OMPI pour quelques semaines encore.
>
> A l'automne, Francis Gurry et son épouse qui travaille dans un grand
> cabinet juridique sont alors la cible d'un mystérieux corbeau. Trois
> lettres anonymes circulent. Son auteur accuse pêle-mêle l'adjoint de
> Kamil Idris d'avoir touché des commissions occultes et de
> harcèlement sexuel sur une ancienne employée. Son épouse, avocate,
> est accusée de blanchiment d'argent. Ces lettres circulent auprès de
> cadres dans un contexte déjà particulièrement tendu.
>
> Derrière les grandes verrières bleues, l'ambiance est délétère.
> Chaque semaine amène son lot de révélations et de diffamations. En
> interne, un groupe d'employés baptisé Cincinnatus dresse la liste
> des dysfonctionnements. Eloquent! Une pétition circule. Les fuites
> sont organisées dans la presse. Kamil Idris se plaint à son tour
> d'être l'objet d'une campagne raciste. Une affiche le montre
> caricaturé en mouton noir bouté hors de l'OMPI par des moutons
> blancs. Excédés, les Etats-Unis et la Suisse réclament la tête de
> Kamil Idris.
>
> La guerredes nerfs
> La plainte déposée par
> Francis Gurry est un épisode de plus dans la guerre des nerfs qui
> opposent partisans et détracteurs de Kamil Idris. Saisi, le
> procureur général de Genève a donc ouvert une enquête prélimina=
ire
> et demandé la levée de l'immunité diplomatique des fonctionnaires
> concernés. Apparemment, la justice souhaite comparer l'ADN retrouvé
> sur les enveloppes avec celui de personnes mises en cause avant
> d'aller plus loin. Ces tests pouvant, comme le précise la loi pénale
> sur l'ADN, conduire à «trouver des suspects» ou «lever les soup=
çons».
>
> Joint hier par téléphone, Daniel Zappelli s'est refusé à tout
> commentaire. Même silence du côté de l'OMPI. Rien non plus du côt=
é
> de la police. Cette visite qui devait demeurer secrète ne l'est
> pourtant pas restée. Comme ne le sont pas restées les conclusions
> des rapports d'audits internes et nombre de procédures engagées ces
> dernières années. La preuve que, malgré le départ prochain de Kam=
il
> Idris, les tensions demeurent. Ses partisans redoutent toujours de
> faire les frais du grand ménage réclamé par ses détracteurs.
>
>
> Quels que soient les résultats des prélèvements ADN, il n'est pas
> sûr que l'affaire du corbeau aille bien loin. En revanche, il n'est
> pas exclu que la police revienne dans le cadre d'une autre
> procédure. En novembre dernier, le chef de l'unité médicale interne
> a été visé par une plainte pour «escroquerie, complicité
> d'escroquerie, faux dans les titres, faux certificats médicaux,
> complicités de faux certificats médicaux et obtention frauduleuse de
> constatations fausses».
>
> Organisation internationale sous tension
> Après les affaires de pots-de-vin, de harcèlement, de CV trafiqué,
> de fausses factures et de dénonciations à n’en plus finir, voilà =
que
> la police débarque. Mais que se passe-t-il à l’OMPI? De toute
> évidence, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.
> On pensait que la désignation du successeur du SoudanaisKamil Idris
> allait mettre fin au feuilleton. C’était sous-estimer la gravité de
> la crise qui couve au sein de l’organisation internationale en
> charge des brevets. C’était aussi oublier l’inévitable effet
> boomerang des procédures lancées il y a plusieurs mois.
> Avec cette affaire de lettres anonymes, on a une idée encore plus
> précise du climat qui règne derrière le gratte-ciel bleu qui domine
> la place des Nations. Les rivalités de personnes peuvent-elles à
> elles seules expliquer ce chaos? Les rapports d’audit réalisés par
> le corps commun d’inspection des Nations Unies et le cabinet Ernst &
> Young en 2005 ont assurément mis en évidence de graves lacunes dans
> la gestion de l’OMPI.
> L’issue du bras de fer
> Même la Suisse s’est affranchie de ses principes de neutralité pour
> demander, avec les Etats-Unis, la tête de Kamil Idris. Une première!
> Résultat: un budget bloqué mais un mandat à peine écourté pour
> l’intéressé qui a vu les représentants des pays du Sud voler à =
son
> secours comme un seul homme. L’issue du bras de fer entamé par la
> Suisse et les Etats-Unis a surtout montré à quel point les pays
> développés ne sont plus
> en mesure de faire la loi au sein de l’OMPI bien qu’ils en soient
> les principaux contributeurs financiers.
> Basses manœuvres?
> De quoi nourrir quelques rancœurs? Il n’est pas sot de penser que
> les luttes d’influences entre Etats membres ont contribué à
> exacerber les tensions en interne. Evidemment, c’est la lecture
> faite en premier lieu par Kamil Idris, qui a beau jeu de mettre ses
> ennuis sur le compte de basses manœuvres. S’il n’est guère créd=
ible
> dans le rôle de la victime, il n’en reste pas moins vrai que les
> pays industrialisés ont tout intérêt à instrumentaliser la crise =
et
> à insinuer que la mauvaise gestion est aussi le fait des pays du
> Sud. Kamil Idris n’est-il pas issu du bloc africain? C.Q.F.D.!
> Reste à mieux cerner les enjeux du rapport de force qui se joue en
> coulisse. Certains évoquent l’adoption prochaine de l’Agenda pour l=
e
> développement ou encore les tentatives d’harmonisation des régimes
> nationaux de brevets. Sans doute convient-il aussi de rappeler que
> l’OMPI se trouve en première ligne dans la lutte contre la
> contrefaçon et le piratage. Ce qui en fait une organisation très
> convoitée.
> AJ
>

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Thiru Balasubramaniam
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