[Ip-health] Viropro and technology transfer for biogenerics
Marc-André Gagnon
gagnon@yorku.ca
Thu Jul 13 15:19:01 2006
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Drugs of the Rich to Poor Countries
Interesting piece today in Le Devoir (Montreal, Canada). I couldn't find an equivalent article in english. To synthesize, a Montreal based pharma firm intends to make money by facilitating technology transfer to developing countries for biogenerics. Biotech products appeared in the 1980s, and with the beginning of the end for their patent protection they start to fall in the public domain. If generic chemical-made drug are usually available in developing countries, the biotech production capacity in developing countries for biogenerics is almost inexistant.
Viropro Pharma, a Montreal based biotech firm, is putting in place a new business model: 1-Acquire exclusive technological licenses for biotech products 2- Form strategic partnership through technology transfer with firms in developing countries to produce and sell the compound at lower price in developing countries 3- Provide Technology and technical training. Viropro already acquired exclusive licenses from Japan's Immuno and organized a partnership with Tunisia's BioChallenge for it to produce the compound for Maghreb and a large part of Africa at 10% of the actual price.
In the article the CEO explains that Big Pharma is usually not interested in technology transfer to better serve developing countries and make money by selling drugs at lower prices since they fear about parallel imports in rich countries. Realistic, the CEO adds that Big Pharma is not bothered yet by Viropro initiatives since they are not well known but that the question of parallel imports will re-surface one day or the other.
Marc-Andre
http://www.ledevoir.com/2006/07/13/113564.html
Proposer les médicaments des riches aux pays pauvres
Viropro est «originale et a un côté éthique»
Claude Turcotte
Le Devoir, Édition du jeudi 13 juillet 2006
Mots clés : Québec (province), pays pauvres, médicaments
Viropro a vraisemblablement trouvé une formule pour faire de l'argent tout en aidant les pays en développement à obtenir à prix raisonnables des médicaments que les grandes sociétés pharmaceutiques ne vendent présentement que dans les pays riches occidentaux et au Japon. Cette entreprise est «originale et a un côté éthique», déclare son président-directeur général, le Dr Jean-Marie Dupuy, qui refuse par ailleurs complètement qu'on accole l'épithète de «philanthropique» à cette compagnie inscrite à la Bourse électronique Nasdaq.
Il y a des besoins énormes dans les pays en développement, c'est-à-dire pour 80 % de la population mondiale, en matière de soins médicaux où les médicaments de fabrication chimique sont accessibles, mais pas ceux d'origine biogénériques tels que développés dans les pays riches. Or, ces produits qui ont fait leur apparition dans les années 1980 approchent de la fin des brevets et commencent donc à tomber dans le domaine public. Viropro propose donc un modèle d'affaires comportant l'acquisition de licences technologiques exclusives et la mise en place de partenariats stratégiques par le biais de transferts technologiques avec des firmes aptes à assurer une production industrielle de protéines thérapeutiques dans des pays en développement selon les normes reconnues de bonnes pratiques de fabrication. Viropro se chargera aussi de la formation du personnel.
En juin dernier, Viropro Pharma, une filiale qui a son siège social à Montréal, a signé un protocole d'entente avec BioChallenge, une société pharmaceutique privée tunisienne. L'entente finale qui devrait être signée au cours des prochains mois pourrait générer des revenus de 27 millions, dont 17 millions en redevances sur une période de 10 à 15 ans. Fabriquer ces produits en Tunisie permettrait de les vendre 10 fois moins cher que le prix payé actuellement par les patients des pays riches. L'usine de Tunis dont la construction nécessite un investissement de 20 millions $CAN pourra fournir l'ensemble des pays du Maghreb et une bonne partie de l'Afrique.
Au fait, le Dr Dupuy, qui a un important réseau de contacts à travers le monde, voyage beaucoup. Il est présentement de passage à Montréal, même s'il a son domicile dans cette ville.
Viropro, qui n'a été au départ qu'une coquille inscrite sur Nasdaq, s'est dotée depuis deux ans d'une équipe de direction, d'un comité scientifique et d'un plan stratégique. On en est maintenant à l'étape de l'atteinte d'une plus grande visibilité. Le Dr Dupuy arrive de New York et fera bientôt une tournée de promotion dans les pays du pétrole à la recherche de capitaux à la fois pour Viropro et BioChallenge.
Viropro, qui a obtenu récemment 1,3 million sous forme de débentures, est en voie de conclure un placement privé avec des investisseurs d'ici et d'ailleurs. En mai dernier, l'entreprise annonçait la création d'une autre filiale, Theravax, pour le développement clinique d'un vaccin thérapeutique anti-sida au Canada. Le montant recherché pour ce projet est de quatre à huit millions. «Notre point fort, c'est d'avoir un réseau mondial important», assure le Dr Dupuy, qui ne cache pas avoir l'intention d'approcher la Fondation Bill et Melinda Gates, laquelle s'intéresse particulièrement aux régions défavorisées et à la lutte contre le sida.
Toutefois, il fallait au départ développer des plateformes technologiques pour vendre ensuite le savoir-faire de Viropro. En décembre 2004, Viropro a fait l'acquisition de licences internationales exclusives d'exploitation de technologies «performantes» de l'Institut japonais Immuno, qui, depuis sa création en 1979, s'intéresse à des thématiques nouvelles dans l'immunologie et les sciences de la vie. Puis, deux mois plus tard, Viropro signait une entente de recherche scientifique avec l'INRS-Institut Armand-Frappier concernant le développement et l'amélioration continuelle de tests de dépistage. En décembre 2005, une autre entente était signée, cette fois avec l'Institut de recherche en biotechnologie de Montréal. Il y a eu enfin un contrat de collaboration avec la firme Parteurop de Lyon qui est reconnue mondialement pour son expertise-conseil dans les biopharmaceutiques et pour son portefeuille de contacts privés et institutionnels, dont celui de la Fondation Gates. «Nous avons tout ce qu'il faut pour effectuer les transferts technologiques», conclut le Dr Dupuy, qui sollicite des clients dans plusieurs régions du monde, en particulier en Amérique du Sud avec un employé permanent au Brésil, ainsi qu'au Moyen-Orient, en Inde, etc.
Mais pourquoi les grandes sociétés pharmaceutiques multinationales ne s'intéressent-elles pas à cet énorme marché des pays en développement ? Présentement, ces compagnies desservent 90 % du marché mondial en matière de revenus. Il y a déjà eu au moins une compagnie américaine qui a produit un vaccin qu'elle vendait 100 fois moins cher qu'aux États-Unis. Le gouvernement américain a voulu savoir comment la compagnie expliquait un tel écart. Plutôt que d'avoir à baisser le prix de leurs produits dans leurs gros marchés actuels, les compagnies préfèrent ne rien faire dans les pays en développement, explique le Dr Dupuy. Pourquoi ne favorisent-elles pas alors les transferts technologiques ? Parce qu'elles craignent une importation éventuelle de ces produits à des prix grandement inférieurs à ce qu'elles obtiennent présentement dans leurs marchés actuels.
Ces multinationales devraient-elles donc être ennuyées par cette initiative de Viropro ? «Nous ne sommes pas connus et le marché que nous visons n'intéresse pas ces grosses compagnies. Mais l'importation dans les pays riches va revenir un jour», répond le Dr Dupuy qui a une longue expérience de l'univers pharmaceutique, d'abord en tant que chercheur et professeur d'université en France et à Montréal, puis au sein de compagnies pharmaceutiques comme Immuno Designed Molecules en France, puis chez Wyeth Ayerst et à l'Institut Pasteur Mérieux Connaught. Il a publié plus de 240 articles scientifiques et médicaux, communications et livres.
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Marc-André Gagnon
PhD Candidate in Political Science, York University
Courriel: gagnon@yorku.ca
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